La plupart des média kits sont des posters : une photo, un logo, des chiffres d'audience, un dégradé. La personne en face n'est pas ton public. C'est quelqu'un qui doit justifier une dépense auprès de son responsable.
Qui lit vraiment ton média kit
Rarement le directeur marketing. Le plus souvent un chargé de partenariats, ou une agence, qui compare plusieurs profils dans un tableau et doit défendre son choix.
Cette personne cherche trois choses : à qui elle parle si elle passe par toi, ce qu'elle obtient concrètement, et combien ça coûte. Tout ce qui ne sert pas ces trois questions ralentit sa décision.
Les chiffres d'audience ne suffisent plus
Le nombre d'abonnés est le chiffre le plus facile à obtenir, donc le moins discriminant : elle l'a déjà vu sur ton profil.
Ce qu'elle n'a pas et qui l'intéresse : la composition de ton audience (âge, pays, répartition femmes-hommes), les performances moyennes de tes formats récents, et surtout ce qui s'est passé la dernière fois que tu as recommandé quelque chose.
Tous ces chiffres existent dans ton espace créateur. Ils ne s'inventent pas, et une marque qui te compare à d'autres vérifiera l'ordre de grandeur.
La structure qui fonctionne, dans l'ordre
- Une phrase de positionnement. Qui tu es, pour qui, sur quel sujet. Pas ton parcours : ton créneau.
- L'audience en chiffres. Taille, composition, plateformes principales. Sobre, daté.
- Les formats que tu proposes, nommés. Pas un menu ouvert, trois ou quatre lignes claires.
- Un cas concret. Une collaboration passée, ce qui a été livré, ce qui en est ressorti.
- Les tarifs, ou une fourchette. C'est là que la plupart s'arrêtent, et c'est là que tout se joue.
- Ce que tu ne fais pas. Les secteurs que tu refuses, les formats qui ne te vont pas.
- Comment te contacter. Une adresse, un délai de réponse.
Pourquoi il faut annoncer un prix
Trois raisons, et aucune n'est du confort :
Le budget existe déjà de leur côté. Si ton ordre de grandeur ne rentre pas, autant le savoir avant trois échanges.
Ne pas afficher de prix laisse la marque proposer le sien, et il sera bas. Le premier chiffre posé ancre toute la négociation.
Un tarif écrit se défend mieux qu'un tarif improvisé. Il devient une politique, pas une humeur.
Une fourchette suffit, avec ce qui la fait varier : exclusivité, durée des droits, nombre de retouches.
Le format du document
Un PDF de trois pages, lisible sur téléphone, ou une page web à ton nom. Pas un lien vers un dossier partagé qui demande une autorisation. Pas de fichier de vingt méga.
Une page web a un avantage réel : tu la mets à jour sans renvoyer un nouveau fichier, et tu vois qu'elle est consultée.
Ce qui fait perdre une signature
Des chiffres sans date, un cas sans résultat, une charte graphique qui prend plus de place que les informations, aucun tarif, et un fichier lourd. Chacun de ces défauts ajoute une friction là où quelqu'un est en train de comparer trois profils avant midi.
À faire cette semaine
Ouvre ton média kit actuel et repère la première ligne qui répond à « qu'est-ce que j'achète, et combien ». Si elle est en page trois, remonte-la. Si elle n'existe pas, écris-la : c'est le seul ajout qui change vraiment le taux de réponse.
