Tout va bien tant que tout va bien. Le problème arrive le jour où tu veux changer de prestataire, où celui-ci ne répond plus, ou simplement où il arrête son activité. Ce jour-là tu découvres ce qui t'appartient vraiment, et parfois ce n'est presque rien.
Les six accès qui comptent
- Le nom de domaine. Le plus important. C'est ton adresse, ta marque, et tout ce qui pointe vers toi. S'il est enregistré au nom de quelqu'un d'autre, tu loues ton propre nom.
- L'hébergement. Là où vivent les fichiers. Un compte partagé chez un prestataire est fragile : tu ne peux ni sauvegarder, ni migrer seul.
- Le compte de paiement. Stripe, PayPal ou autre. C'est ton argent qui transite. Il doit être à ton nom, sans exception.
- La messagerie du domaine. Souvent oubliée, et c'est par elle que passent toutes les réinitialisations de mot de passe.
- Les statistiques. Analytics, Search Console. Sans elles tu perds tout l'historique le jour de la séparation.
- Le code source. Où vit-il, et peux-tu le récupérer ? Un site que tu ne peux pas emporter n'est pas vraiment le tien.
Le test en deux minutes
Ouvre un service public de recherche d'informations de domaine, tape ton adresse, et regarde le titulaire. Si ce n'est pas ton nom ou celui de ta société, tu as ta réponse.
Puis essaie de te connecter toi-même à ton hébergement et à ton compte de paiement, sans passer par personne. Si tu ne peux pas, ce n'est pas une question de confiance : c'est un risque que tu portes seul.
Ce n'est pas une accusation
Dans l'immense majorité des cas, un prestataire qui a mis les accès à son nom ne l'a pas fait pour te piéger. C'est plus simple pour lui au démarrage, ça évite de t'embêter avec des créations de comptes, et beaucoup de clients demandent explicitement qu'on s'occupe de tout.
Le problème n'est pas l'intention, c'est la dépendance. Un prestataire peut cesser son activité, tomber malade, ou simplement ne plus répondre. À ce moment-là son intention n'a plus aucune importance.
Comment demander sans créer un conflit
La formulation compte, parce qu'une demande maladroite est reçue comme un procès. Celle-ci fonctionne :
Je fais le point sur mes actifs. Peux-tu me confirmer à quel nom sont le domaine, l'hébergement et les comptes de paiement, et me donner un accès propriétaire ? Tu gardes bien sûr l'accès de travail.
Un prestataire correct fait ça en une heure et n'y voit rien de personnel. Une résistance sur ce point, en revanche, est en elle-même une information.
Ce qu'il faut mettre dans le contrat, dès le départ
Une seule phrase suffit : le client est titulaire du nom de domaine et des comptes d'hébergement et de paiement ; le prestataire dispose d'accès de travail pendant la durée de la mission.
Ajoute la livraison du code source et des fichiers sources du design à la fin du projet. Ça ne coûte rien à négocier au début, et ça vaut très cher le jour où tu changes.
Le cas des projets déjà anciens
Si ton site a plusieurs années et que tu ne sais plus, ne pars pas du principe que c'est perdu. Un transfert de domaine se fait, un hébergement se migre, un compte de paiement se recrée. Ce qui ne se récupère pas, c'est le temps passé à découvrir le problème dans l'urgence.
Fais l'inventaire maintenant, tant que la relation est bonne. C'est exactement le moment où c'est facile.
